Infections sévères à pyogènes ches les patients traités par infliximab. étude d'une cohorte régionale

 

 

 

Revue du Rhumatisme 72 (2005) 650 - 655

 

Hélène Maillard a, Paul Ornetti a, Laurent Grimault b, Jean-François Ramon c, Sylvie Melac Ducamp d, Tahar Saidani e, Christian Tavernier a, Jean Francis Maillefert a,f,*

 

a Service de rhumatologie, CHU Dijon, hôpital général, 3, rue du Faubourg-Raines, 21000 Dijon, France

b Service de rhumatologie, CH Mâcon, France

c Service de médecine, CH Avallon, France

d Service de médecine B, CH Nevers, France

e Service de médecine IV, CH d'Auxerre, France

f Inserm/ERIT-M 0207, université de Bourgogne, France

 

Reçu le 15 juin 2004 ; accepté le 4 septembre 2004

Disponible sur internet le 21 octobre 2004

Severe pyogenic infections in patients taking infliximab. A regional cohort study

 

Résumé

 

Objectif.

 

Apprécier la prévalence des infections sévères à pyogènes chez les patients traités par infliximab en pratique courante, et essayer de dégager des facteurs favorisants.

 

Méthodes.

 

Étude portant sur une cohorte de patients traités dans un réseau régional par infliximab pour polyarthrite rhumatoïde ou spondylarthrite ankylosante, et suivis de façon prospective à l’aide d’une feuille de recueil des données standardisée. Les observations des patients ayant présenté une infection grave à pyogène ont été analysées, et comparées à celles des autres patients.

 

Résultats.

 

La cohorte comportait 83 patients (55 femmes et 28 hommes), dont cinq (6 %) ont présenté une infection sévère à pyogène (3 femmes et 2 hommes). Ces cinq patients présentaient tous un facteur de risque ou un terrain favorisant. L’âge moyen (65,8 ± 12 vs 53,9 ± 13 ans, p = 0,04) et la dose journalière de corticoïdes (15,5 ± 9 vs 6,9 ± 7 mg d’équivalent prednisone par jour, p = 0,036), étaient plus élevés chez ces cinq patients que chez les autres sujets.

 

Conclusion.

 

Les infections sévères à pyogène survenant sous infliximab se développent plus facilement chez les patients âgés, et co-traités par des doses importantes de corticoïdes. En conséquence, il convient d’être particulièrement vigilant dans les indications thérapeutiques, et dans la surveillance, chez ce type de patient. Ce travail met également en exergue la nécessité de lutter contre le risque de banalisation du traitement.

© 2004 Elsevier SAS. Tous droits réservés.

 

Abstract

 

Objective.

 

To evaluate the prevalence and risk factors of severe pyogenic infections in rheumatology patients taking infliximab in everyday practice.

 

Methods.

 

Regional prospective cohort study of patients taking infliximab for rheumatoid arthritis or ankylosing spondylitis with data collection on standardized forms. The medical records of patients with severe pyogenic infections were subjected to a detailed retrospective review. Patients with and without severe pyogenic infections were compared.

 

Results.

 

The cohort included 83 patients (55 women and 28 men). Severe pyogenic infections occurred in 5 (6%) patients (3 women and 2 men), all of whom had acute or underlying risk factors. Higher values were found in these 5 patients for mean age (65.8 ±12 vs. 53.9 ±13 years, P=0.04) and mean daily glucocorticoid dosage (15.5 ±9 vs. 6.9 ±7 mg/day prednisone-equivalent, P= 0.036), as compared to the other patients.

 

Conclusion.

 

Older age and high-dose glucocorticoid therapy are associated with an increased risk of severe pyogenic infection during infliximab therapy. Caution is in order when starting and monitoring infliximab therapy in patients with risk factors. Our data also emphasize the need for a careful search for risk factors before each infliximab infusion.

© 2004 Elsevier SAS. Tous droits réservés.

 

Mots clés : Anti-TNFa ; Polyarthrite rhumatoïde ; Spondylarthrite ankylosante ; Effets indésirables ; Infections à pyogènes

 

Keywords: Anti-TNFa; Rheumatoid arthritis; Ankylosing spondylitis; Side effects; Pyogenic infections

 

  • 1. Introduction 
  •  

  • 2. Méthodes 
  •  

  • 3. Résultats 
  •  

  • 4. Discussion 
  •  

    Remerciements :

     

    Remerciements aux autres médecins du réseau bourguignon : C. Bressot, A. Cherasse, J.A. Dellas, J. Dupuis, M. Falconnet, L. Julien, F. Marchand, N. Richard, C. Sidot.

     

    1 Depuis que l’article a été écrit, une mise à jour des recommandations de la British Society for Rheumatology est parue [28], dans laquelle on retrouve qu’il pourrait y avoir une augmentation de la mortalité chez les patients présentant une fibrose pulmonaire traités par infliximab que, malgré un manque de données, cette augmentation pourrait exister avec d’autres agents biologiques et que, en attendant d’en savoir plus, il faut prendre des précautions quand on traite ces patients par anti-TNF states, et il faut les suivre avec soin notamment sur le plan infectieux et sur le plan de la fonction respiratoire.

     

    Références :

     

    [28] Update with rheuma https://wwwNFforRAguid. H. Maillard et al. / Revue du Rhumatisme 72 (2005) 650–655 655